L’APC en Afrique francophone: quelques tendances

Cet article, téléchargeable au format PDF, a été rédigé par Xavier Rogiers, mai 2008, dont voici un extrait.

Comme partout ailleurs dans le monde, l’éducation a connu sur le continent africain desavancées très importantes depuis une dizaine d’années. Cette évolution se manifeste toutd’abord dans les curriculums officiels1 : les intentions et les instructions affichées dans lesprogrammes scolaires, les changements envisagés dans les modalités d’évaluation, dans lamanière de concevoir les apprentissages, dans la formation des enseignants. Loin d’en resteraux intentions, cette évolution se traduit également dans ce que l’on appelle le curriculumréel : les pratiques de classe, les pratiques d’évaluation, les pratiques de formation desenseignants, pour ne citer que quelques aspects importants.

L’objet de cet article est de faire le point sur ces évolutions dans une bonne moitiédes pays du continent2. Nous aborderons successivement trois grands thèmes. Tout d’abord,nous tenterons de clarifier cette orientation que prennent les curriculums aujourd’hui, quel’on qualifie souvent d’ « approche par compétences ». Ensuite, nous dégagerons lesspécificités de cette approche sur le continent africain. Enfin, nous porterons sur cesréformes un regard analytique pour tenter de comprendre et d’expliquer les processus quisont en oeuvre, et les avancées qui ont été réalisées.

Approches par compétences : convergences et divergences

Aujourd’hui, la grande majorité des systèmes éducatifs s’entendent pour placer l’approchepar compétences au coeur des curriculums. En effet, ils estiment qu’il s’agit là d’une desmeilleures approches connues pour répondre aux exigences et aux défis de la sociétéd’aujourd’hui, tant sur le plan économique que social. Toutefois, la notion même d’« approche par compétences » est loin d’être entièrement stabilisée : elle est comprise deplusieurs manières différentes, et traduite à travers un certain nombre de variantes dans lescurriculums.Essayons d’identifier les grandes tendances internationales actuelles en matière d’« approche par compétences », leurs convergences mais aussi leurs différences, voire parfoisleurs divergences.

Les convergences

Quelles que soient les différentes manières de comprendre l’approche par compétences,toutes s’entendent sur les trois propositions suivantes.Les contenus d’enseignement vont plus loin que les savoirs et les savoir-faireSi l’école doit faire face aujourd’hui à des nouveaux savoirs et savoir-faire consécutifs àl’évolution naturelle des connaissances, elle est surtout confrontée à la nécessité de prendreen compte des nouvelles catégories de contenus, comme par exemple des « life skills », ou des compétences transversales. Cette évolution découle de plusieurs facteurs, essentiellementliés à la mondialisation : mondialisation de l’éducation (bien que l’éducation reste encoreessentiellement assurée sur le plan local), mais surtout mondialisation des problématiquesconnexes à l’éducation, et qui influencent celle-ci : la culture et l’emploi, et la circulation desvaleurs, des informations, des idées et des personnes qui leur est associée, et qui assigneimplicitement d’autres fonctions à l’école. Tout d’abord, elle implique que l’école n’est plusle premier vecteur pour la diffusion des savoirs. Ensuite, elle suppose que l’on se dote derègles internationales de communication et de comportement : ces règles sontessentiellement traduites par les « life skills », reflets des valeurs démocratiques quiconstituent aujourd’hui le modèle dominant. Enfin, il en découle que l’on est amené àdépasser la structure disciplinaire de l’éducation, qui répondait essentiellement à desproblématiques de contenus et de savoirs. Aujourd’hui, le pouvoir n’est plus à celui qui sait,comme autrefois, ni même à celui qui cherche, mais à celui qui agit : celui qui entreprend,celui qui organise, celui qui gère…. Or, le découpage disciplinaire n’est plus adapté à cettelogique de l’action.

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