Article rédigé par Mohamed Ragueh, le 5 Sept 2010.

Le plus grand drame d’un pays, aussi riche ou pauvre soit-il, est que son peuple n’accorde point la moindre importance pour la lecture car un peuple qui ne lit pas est un peuple voué töt ou tard aux plus tristes deconvenues. Dès lors que la culture de la lecture ne s’est point rellement ancrée chez son peuple , il n’a malheuresement point trop de choses à croire dans sa lutte pour son emancipation culturelle et politique ni pour ses grands espoirs de progrés socials et economiques.
Ainsi donc tout commencerait par là; Lire. Or il n’est point un secret, pour quiconque osera lire jusqu’au bout de mon article, que nous autres djiboutiens, rien n’est plus ennuyant ni n’est plus futile que de lire. Ce qui logiquement explique notre totale incomprehension du monde dans lequel nous vivons.
Nous avons certes la pretention o combien ridicule de pouvoir tout connaitre de l’astronomie à la jurisprudence en passant par l’art, l’Histoire, les religions, les phenomenes economiques, sociales et politiques de tous les pays du monde, il est certes vrai aussi que nous avons une methodologie d’ailleurs assez subjective (et bizaremment assez partagée) consistant à nous donner toujours raison en fin de chaque debat et peu importe si nous ne maitrisons point le sujet, mais le fait est et reste que nous sommes un peuple qui ne lit pas… Ou disons qui n’a pas le temps de lire… C’est plus joli.
Nous sommes donc un peuple qui ne lit pas et à entendre parler certains; Un peuple qui n’a nullement besoin de lire…. Cette fierté demesurée, cette image et surestime exagerée que nous avons de nous meme resultant elles-memes de la bassesse d’esprit dont nous faisons preuve chaque jour, faute de n’avoir point assez lu, justement. Si ca se trouve nous sommes le seul peuple du monde où ni le medecin ni l’architecte ni l’ingenieur ni le juriste, ni l’etudiant, ne lisent en dehors de leur cadre professionel ou de leurs etudes le moindre livre pour la raison bien faite que nous sommes tous occupés à d’autres choses. Et si un beau jour l’on venait à compter le nombre de pages lu en une année pour une profession precise à djibouti (ex les juristes ou les étudiants) la honte ne se serait point prié à s’inviter.
LES CONSEQUENCES.
C’est sans aucun doute la stablité institutionelle et politique (et donc la paix civile) qui en payent le plus. Il n’y’a pas grand choses à esperer des dirigeants qui ne lisent rien, ne pouvant qu’à peine parler un francais approximatif et ignorant de tout l’anglais. Ce n’est pas les langues francaises et anglaises en soi qui importe, ici, mais le niveau d’etudes et de culture etrangere. Il n’y’a pas grand choses à esperer quant à leurs pretendus combats contre la pauvrété car au fond d’eux-memes ils savent que selon les textes religieux « la pauvreté comme l’abondance fait partie des dons d’ALLAH ». Ce qui explique d’ailleurs leurs enrichissements croissants depuis 33 ans, d’une part et d’autre part notre appauvrissement continuel . Ce qui explique aussi leur méconnaissance de l’Histoire (en maniant par exemple à leurs guises les amendements les plus sensibles de la constitution) mais aussi leur totale indiference face à cette cohesion sociale qui ne tient plus que sur une seule jambe et leur grand mepris pour nos droits les plus fondamentaux dont celui de penser tout librement…
On ne pourra expliquer ce qu’est la tolerance et le respect des idées d’autrui à une brute en position de force. On ne saura expliquer ce qu’est une democratie ni ce qu’est la Republique à homme qui n’a jamais eu « le temps de lire ». S’etant lui meme interdit par oisivité de nourir son esprit il ne saura tolerer toute critique lui venant d’autrui. Se pensant detenir un pouvoir qui n’est pas le sien, il ne decidera que par l’arbitraire ne jugera que par l’arbitraire et tant pis si la grogne sociale sera maté par la repression policiere….
Les consequences sont innombrables lorsqu’une elite inculte s’empare du pouvoir, et je ne saurais tous les citer ici. Il est sur, en tout cas qu’ils formeront un gouvernement d’inculte et un parlement inculte pour le triste malheur du peuple. Mais quand de surcroit la futur elite censée prendre la releve dans la decenie a venir, n’a guerre trop plus d’esprits que celle d’audjourd’hui, il n’est plus à se demander si ce peuple va pas finir par sombrer mais quand. ?
LES SOLUTIONS
Il faut par tous les moyens promouvoir la lecture meme dans les coins les plus reculés car l’education nationale djiboutienne aujourd’hui ne forme guerre trop d’esprit. Face aux manques de politiques culturelles tangibles de l’Etat, la société civile ne doit plus attendre mais se prendre en main si elle ne veut plus produire des jeunes rodant dans les rues, vulnerables à toute sorte de violences et de drogues.
Nos chers « grands ecrivains » et intellectuels de tous bord doivent prendre leurs parts de responsablité CONCRETEMENT en commencant par marquer leur presence dans la société. Chose qu’ils n’ont jamais reussis à faire pour des raisons que l’on ignore. Ce n’est en tout cas point à eux que l’on parlera du nombre derisoire des gens qui ont entendu parler de leurs ouvrages tant la litterature djiboutienne se porte au plus mal. Les etudiants djiboutiens vivant de par le monde ou au pays, ont de même cette responsablité de promouvoir la lecture aux plus jeunes. Une responsablité cruciale qu’ils ne sauront jamais s’en laver les mains meme avec leurs nombres d’heures de cours par semaines car il est question ici, d’avenir et d’une probable tragedie djiboutienne qui de près affectera leurs existances.
Comme dit tantôt, on ne comptera pas trop malheureusement sur les decideurs politiques (qui dans leurs grandes majorités ne lisent pas de livres), pour qu’ils puissent mettre en place une quelconque promotion sincere de la lecture au service du peuple. Les fonds du PNUD pourront donc bien passer en toute impunité dans leurs poches,des années encore. Et puis il n’est point sans rapeller que tout moyen d’abrutir le peuple fait leur jeu lorsque tout moyen menant ce dernier a entammer son affranchissement condamne leurs beaux jours.
C’est pourquoi à Djibouti, l’engagement social pour la promotion de la lecture et la lutte contre l’analphabetisatisme contribuent, à mon sens, de près aux efforts de paix, de justice sociale et de devellopement. C’est plus qu’un enjeu, c’est une urgence !